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Jim Carrey travaille sur This Light Never Goes Out

This Light Never Goes Out: Jim Carrey expose ses dessins satiriques au Centre Phi

Du 20 juin au 1er septembre 2019, le Centre Phi accueille l’exposition This Light Never Goes Out. Elle recense une cinquantaine de dessins satiriques et subversifs nés du crayon de Jim Carrey et publiés sur Twitter depuis 2016.

« Dernièrement, mon inquiétude face à la cupidité et la corruption dans le monde a pu vous pousser à vous demander ce qui se passe dans ma tête. J’ai donc cru bon vous montrer un peu. Cette lumière ne s’éteint jamais. » Voici les quelques mots que Jim Carrey a apposés sous son autoportrait intitulé This Light Never Goes Out. C’est aussi le nom de l’exposition – première mondiale –, dédiée aux dessins engagés de l’acteur canadien. Celle-ci se tient en ce moment au Centre Phi et s’inscrit dans l’engagement de la fondation à promouvoir les modes d’expressions artistiques axés sur la technologie.

Si la comédie est le moyen d’expression que l’on associe d’emblée à Jim Carrey, son deuxième talent est le dessin. Résidant à Los Angeles, l’artiste pose un regard empreint d’inquiétude sur l’actualité, d’autant plus depuis l’investiture de Donald Trump comme 45e président des États-Unis. « Une force obscure a pris possession de Washington (fausse façade des grandes entreprises américaines), dont les efforts ne visent qu’à détruire la logique, à confondre, à désorienter et à exténuer ceux qui croient encore en la décence. (…) Leur machine de propagande de droite alimente les théories du complot élitiste et d’aliénation, qui ont transformé une bonne partie des États-Unis en royaume des aveugles. Et le borgne est devenu roi. De là, m’est venue l’idée de renouer avec une vieille passion d’enfance… le dessin. » Ainsi, Jim Carrey publie depuis 2016 ses dessins caustiques sur Twitter, accompagnés de légendes engagées.

L’acteur, loin d’y aller avec le dos de la cuillère, dénonce les dérives du système, la gestion déplorable de la crise migratoire, les lois restreignant le droit à l’avortement, les pactes entre politiciens véreux, les agressions sexuelles, les fusillades dans les écoles, le cancer qui gangrène les États-Unis…En légende du dessin Stage 4 America, Jim Carrey écrit: « 40% des Américains se fichent que Trump déporte des gens, qu’il kidnappe leurs enfants et qu’il en fasse des otages politiques. Ce n’est plus le temps de diagnostiquer. C’est un cancer. Notre seule chance de guérison est l’élection de mi-mandat. VOTEZ. On peut éradiquer la maladie. »

À propos de ses dessins politiques, l’artiste explique que le fait d’exprimer son indignation au travers de ses dessins sur les réseaux sociaux, c’est à la fois une façon d’être solidaire avec les millions de personnes qui partagent son indignation et une vengeance personnelle contre « la cabale des pleutres de la morale qui joue du coude pour vendre notre âme contre de l’argent, du pouvoir et bien sûr… du prestige ».

Poignantes d’honnêteté, les oeuvres de Jim Carrey secouent ceux qui les regardent. Elles émeuvent aussi, lorsqu’elles rendent hommage aux personnalités qui ont touché l’acteur. Sous Brilliance, il note: « L’esprit de Robin Williams était un ordinateur quantique. Il dégainait plus vite que son ombre. J’ai toujours aimé, respecté, et admiré sa brillance. Toujours. » Une exposition corrosive à voir jusqu’au 1er septembre.

Texte & photos Stéphanie Linsingh

À lire sur Pieuvre.ca

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