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River

River cristallise nos souvenirs au Théâtre des Martyrs

La metteuse en scène et chorégraphe Michèle Anne De Mey présente River au Théâtre des Martyrs, à Bruxelles. Un spectacle qui réveille les souvenirs, pour lequel elle s’est entourée d’artistes pluridisciplinaires et de sa chienne Zaza. À voir du 12 au 23 novembre 2019.

Une maison, 400 mètres carrés de souvenirs qui ressurgissent lorsque vient le moment de vendre la demeure familiale. Sous les draps, protégés de la poussière, des portraits de groupe, qui s’animent une dernière fois. Alexandre Trocki, assis dans un fauteuil grenouille, égrène, à la lumière d’une lampe sur pied, les détails qui font cette maison. On retrouve dans sa bouche les mots de l’écrivain Thomas Gunzig, avec qui la chorégraphe et metteuse en scène Michèle Anne De Mey a collaboré pour cette fiction dansée. Le comédien cite des éléments factuels – avec humour parfois, parfaite élocution toujours –, alors que surgissent les émotions, les bribes de souvenirs, les restes de mémoire, les reliques d’instants passés. Huit personnages, danseurs, acteurs, musiciens, circassiens et un chien évoquent l’enfance, les amours et les tempêtes qui ont traversé la maison. Quand vient le temps de dire adieu à la demeure familiale, l’angoisse de l’oubli se manifeste et résonne au fond de chacun. Il y a des deuils à faire, des espoirs à nourrir et l’eau de la rivière à laisser couler sous les ponts.

DES SOUVENIRS AU BORD DE LA RIVIÈRE

Ces thèmes relatifs au départ, à la séparation, aux adieux poursuivent Michèle Anne De Mey depuis son spectacle Memories. La chorégraphe s’est interrogée sur la façon dont le vécu s’imprime ou pas dans notre mémoire, sur ce qui nous traverse et ce qui reste. Une réflexion qui a servi de trame au récit dansé de River, la nouvelle création de l’artiste. Construite autour de l’adieu à la maison, elle est composée de textes mémorables, de danses poétiques (telles que le solo de Violette Wanty ou le duo exécuté par Charlotte Avias et Nino Wassmer), d’images lynchéennes, de jongleries parcimonieuses, de vidéos à fleur de peau et de ritournelles entêtantes, comme autant de briques que le ciment narratif a parfois de la peine à agglomérer. Volontairement hétérogène, l’ensemble est un instantané impressionniste de cette maison au bord de la rivière et des souvenirs qu’elle a cristallisés.

© Julien Lambert

Texte Stéphanie Linsingh / Images Julien Lambert

À lire sur le site Internet de Femmes d’Aujourd’hui

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