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jeu vidéo

Petit éloge du jeu vidéo

Du retour « nostalgeek » sur les premiers Pac Man et Super Mario aux machinimas créés à partir de Shadow of the Colussus ou GTA, le jeu vidéo est à l’honneur ce printemps. Deux expositions vidéoludiques sont à découvrir à Mulhouse et à Bourogne.

 

D’aucuns prétendent que le jeu vidéo est le dixième art. Si le débat gronde, force est de constater que certains titres sont de petits bijoux de technicité, d’imageries, de sons et de scénario. Il aura fallu moins de quarante ans pour que le vidéo gaming reçoivent ses premières lettres de noblesse. La console s’est peu à peu immiscée dans nos salons, et que l’on soit hardcore gamer ou joueur occasionnel, le jeu vidéo fait désormais partie de notre culture.

C’est sur cette histoire vidéoludique que l’exposition Museogames – Une histoire à rejouer revient. Le visiteur-joueur peut y (re)découvrir les personnages cultes, les consoles « vintage » mythiques et les premiers jeux (Pong sur Atari, Pac Man sur Atari 2600, Super Mario Bros sur Nintendo NES, Alex Kidd sur Master System, Sonic sur Megadrive, mais aussi Tekken sur PlayStation, Okami sur PlayStation2 et Tetris sur Game Boy). La sélection des jeux vidéo et des consoles est représentative des époques traversées, des progrès technologiques, des types de machines qui se sont succédés, des genres de jeux plébiscités, de l’évolution esthétique au fil des années. Le parcours de l’exposition est jonché de témoignages de concepteurs de jeux, dont celui de David Cage, à qui l’on doit l’extraordinaire Heavy Rain, jeu basé sur l’implication émotionnelle du joueur.

Cette implication émotionnelle semble d’ailleurs être la nouvelle convoitise, en marge des jeux qui se veulent juste amusants. Les machinimas, présentés parmi les jeux dénonciateurs des dérives de notre société et captures d’écrans de MMORPG de guerre, dans le cadre de l’exposition We can be heroes, sont le paroxysme de cette inclusion. Les joueurs deviennent créateurs, détournent leur avatar du scénario préétabli et inventent le leur à partir du décor du jeu. Leur personnage se transforme en un acteur, dirigé à la manette. Dans les machinimas des Riches Douaniers, les héros font référence aux anti-héros de la vie : le kamikaze, le suicidaire, le fou, le raté, tandis que les machinimas eux-mêmes font l’apologie de la lenteur. De plus en plus d’artistes contemporains utilisent l’esthétique du jeu vidéo et sa façon de représenter le réel comme moyen d’expression afin de réaliser des « explorations plastiques participatives ». Amputé de sa finalité ludique, le jeu devient une œuvre, qui place néanmoins le spectateur en protagoniste.

 

MUSEOGAMES, UNE HISTOIRE A REJOUER
exposition du 16 avril au 21 août au musée EDF Electropolis, à Mulhouse
museogames.com

WE CAN BE HEROES
exposition du 26 mars au 25 juin à l’espace Gantner, à Bourogne
www.espacemultimediagantner.cg90.net

Texte Stéphanie Linsingh / Photo Thomas Bresson

À lire dans le magazine NOVO n°14

 

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