1784867298.8dd5717.68d146b925db4abc9b063d1ae2625d61
In The Upper Room de Twyla Tharp

Les gardiennes de porcelaine : In The Upper Room au Ballet de Lorraine

In The Upper Room est une combinaison de deux mondes, de deux esthétiques : celle de la danse moderne et celle du ballet classique. L’œuvre s’ouvre sur deux femmes, nimbées de fumée, pointes et chaussettes rouges aux pieds, rappelant les chiens de garde en porcelaine des temples chinois. Il n’y a pas de narration à proprement parler dans le ballet de Twyla Tharp, juste des suggestions. Eprise de l’œuvre, Stacy Caddell nous parle de son travail avec la chorégraphe dont elle remonte la création.

Dès les années 80, vous avez travaillé avec Twyla Tharp. Comment vos routes se sont-elles croisées et quelle relation avez-vous désormais ave elle ?

Nous nous sommes rencontrées lorsque j’étais au New York City Ballet. Jerome Robbins [ndlr. : le directeur adjoint et maître de ballet] l’avait invitée pour une collaboration autour du ballet Brahms/Handel. Ils ont créé beaucoup de variations très intéressantes sur ce thème. C’est à partir de cet instant que nous avons commencé à travailler ensemble. Quelques années plus tard, j’ai quitté le New York City Ballet et je suis allée travailler avec elle. Nous avons tourné avec Barychnikov, travaillé sur un film, réalisé différents projets… Bien que notre relation soit essentiellement professionnelle, je me sens très proche de Twyla. C’est une personne hors du commun.

Comment décririez-vous son travail et le vôtre ?

Son œuvre est difficile à décrire, tant elle a travaillé sur de multiples supports. Elle a conçu des chorégraphies pour la télévision et le cinéma, ainsi que pour la scène. Son travail est basé sur le processus ; chaque jour être au studio, créer, construire… Elle se voue entièrement à son art. C’est une personne très intéressante, incroyablement intelligente. Elle est fascinante. Quant à moi, je ne suis pas chorégraphe. J’ai créé quelques pièces, mais je ne me considère pas comme une chorégraphe. Je suis davantage une répétitrice, je monte des ballets. Quand quelqu’un souhaite programmer un ballet, il engage une personne de ma profession pour venir enseigner la chorégraphie aux danseurs et obtenir une production prête pour la scène.

Comment est-ce de remonter un ballet d’une personne avec qui on a étroitement collaboré ?

Au début, j’étais très nerveuse, je voulais juste faire les choses correctement. Mais Twyla m’a soutenue, me rappelant que j’avais travaillé avec Balanchine et Jerome Robbins et elle m’a encouragée à suivre mon instinct. Lorsque j’ai commencé la mise en scène, elle m’a guidée et m’a conseillé de relâcher le contrôle, de laisser expérimenter les danseurs. Pour moi, ça a été une grande étape de les laisser prendre possession de l’œuvre ; à un moment donné, il faut les laisser trouver leur voie. Elle m’a appris à diriger et elle continue à être un professeur et un guide pour moi.

Quelle est la chose la plus enthousiasmante dans In The Upper Room selon vous ?

Je pense sincèrement que ce ballet est un chef-d’œuvre. La chorégraphie est fantastique, la musique de Philipp Glass est merveilleuse, les costumes de Norma Kamali sont beaux, les lumières de Jennifer Tipton sont atmosphériques… La combinaison est parfaite ! Selon moi, c’est aussi extraordinaire de voir ce ballet que de le danser. Il dure 40 minutes et il y a tellement de niveaux physiques à franchir, qu’en tant que danseur, on ressent un sentiment d’accomplissement ; c’est comme courir un marathon et franchir la ligne d’arrivée. C’est merveilleux d’assister à cela en tant que membre du public.

 

IN THE UPPER ROOM,
danse du 4 au 7 avril 2013 au Ballet de Lorraine, à Nancy
www.ballet-de-lorraine.eu

Texte Stéphanie Linsingh / Photo M. Rousseau

A lire dans le magazine NOVO n°24

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.