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Portrait de Francesco Tristano

Piano réarrangé : BachCage à L’Arsenal

Bach, ce sont les fugues, les passions, la musique baroque, les lignes mélodiques qui se cumulent. Cage, c’est notamment 4’33”, ce fameux morceau composé de trois tacets et dont la seule musique est celle du silence, ou Etude australe dont la partition est basée sur des cartes stellaires. Réunir les deux compositeurs au sein d’un programme promet l’intrigue.

Francesco Tristano fait fi des frontières entre genres musicaux. Réduites à néant, elles permettent au jeune pianiste luxembourgeois de s’épanouir au sein des répertoires baroques, classiques, contemporains, jazz et électroniques. La convergence des univers des deux compositeurs n’a pas la provocation pour dessein. Pour Tristano, il existe un lien entre les œuvres de Jean-Sébastien Bach et celles de John Cage ; des éléments mélodiques, rythmiques et thématiques se font écho, selon lui. Il est vrai que l’on peut trouver des similitudes dans l’approche mathématique de la composition, mais aussi dans les instruments. Les pianos du XVIIIe siècle, sur lesquels jouait Bach, possédaient des sons changeants et de riches gammes de couleurs. Ils étaient même parfois dotés de mécanismes qui actionnaient clochettes et percussions. Cage, quant à lui, jouait sur des pianos dits « préparés ». Il insérait entre les cordes des boulons, des vis, des pièces de monnaie, pour modifier les sons émis. Pour bachCage, Francesco Tristano et Moritz von Oswald ont préféré travailler à postériori, en usant de l’informatique, de dispositifs électroniques et de machines analogiques. Sur les pièces de Bach, les sons ont été soumis à une amplification douce, tandis que l’ensemble du concert est traité en temps réel. Comme Tristano le dit lui-même, « il s’agît pratiquement d’une mise en scène acoustique et lumineuse de pièces de Bach et de Cage », dans laquelle les ruptures sont gommées au profit des similitudes.

Portrait de Francesco TristanoBACHCAGE,
concert le 3 octobre à l’Arsenal, à Metz
www.arsenal-metz.fr

Texte Stéphanie Linsingh / Photos Aymeric Giraudel

A lire dans le magazine NOVO n°21

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