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Le poids de la neige

3 livres qui ont accompagné mon hiver

L’interminable hiver canadien, ses montagnes de neige et sa douce lumière n’en finissent pas de m’émerveiller. Dans les rues paisibles, je marche d’un pas feutré et indolent vers la bibliothèque. Sur les rayonnages, je scrute les titres en adéquation avec la météo et retient : Le poids de la neige, Un hiver long et rude et Dans la forêt. Des livres dévorés au fond du lit, dans le canapé d’un chalet et dans les transports en commun.

Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin

Dans Le poids de la neige, Christian Guay-Poliquin raconte les mésaventures d’un accidenté de la route d’une trentaine d’années et de Matthias, la soixantaine, qui se voit confier le rôle de soigneur alors qu’il n’a qu’une seule envie : retrouver sa femme en ville. Or, tout deux se trouvent prisonniers de la neige, dans un village sans électricité, où les ressources commencent redoutablement à manquer. Ce presque huit-clos dépeint à merveille la complexité des émotions ressenties par ces naufragés de l’hiver, les sentiments de claustrophobie, d’abandon, d’individualisme sont à leur paroxysme et la neige n’a jamais été aussi pesante. Un roman de survie contemplatif et prenant à la fois, qui fait suite au Fil des kilomètres.

Un hiver long et rude de Mary Lawson

Fin des années 1960. Le village canadien de Struan a cristallisé la vie de la famille Cartwright. Emily, la mère, n’a d’yeux que pour ses nourrissons. C’est Megan, la fille unique de cette fratrie de huit enfants, qui gère les courses, les repas, et prend soin de ses frères. Le plus âgé d’entre eux, Tom, a sombré dans la dépression depuis le suicide de son meilleur ami. Quant à Edward, le père, il passe ses journées enfermé dans son bureau, prisonnier d’un passé qui le hante. Le jour où Megan décide de quitter le Grand Nord pour Londres, ce foyer qui reposait sur ses épaules s’effondre. Mary Lawson explore la culpabilité et les remords avec compassion et dépeint avec complexité le tempérament des trois protagonistes principaux, sans cesse tiraillés par leur sens du devoir et leurs aspirations. Ce livre, au titre peut-être peu avenant, mais à l’écriture fluide, se dévore bien au chaud, à l’abri de l’hiver.

Dans la forêt de Jean Hegland

Sans électricité, sans essence, sans parents et sans aide, deux sœurs adolescentes tentent de survivre dans leur maison au cœur de la forêt. Dans un futur proche, la civilisation s’est effondrée, laissant Nell et Eva orphelines et désœuvrées. Leur récit nous est conté par Nell, qui consigne dans un carnet la mort de leurs parents, le déni et l’espoir déraisonnable que les choses s’arrangent. Elle rapporte le rationnement, les journées passées à danser sans musique et à lire l’encyclopédie, les disputes, la solitude, les dangers qui rôdent, la résilience et leur acharnement pour s’en sortir. Une histoire post-apocalyptique poignante, une ode à la forêt et une piste de réflexion sur notre propre instinct de survie.

Texte et visuel Stéphanie Linsingh 

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